Sürkrüt

Blog de l’atelier de Communication graphique de la HEAR

Il y a des réalités économiques


Ola Pehrson était un artiste contemporain suédois, né en 1964 à Stockholm et mort en 2006 à Ljusdal en Suède.
Il étudie entre 1992 et 1997 à la Royal Academy of Fine Arts de Stockholm en passant en 1994 à la Hochschule der Künste à Berlin.
Auteur d’un certain nombre d’œuvres dont certaines sont interactives et mettent en parallèle une technologie face à un objet concret.

Yucca invest trading plant

Yucca Invest Trading Plant

Un exemple qui retient mon attention est « Yucca Invest Trading Plant » qui est une installation de 1999 : un yucca interprète le rôle d’un trader en réalisant des opérations boursières.

Partant du principe que chaque organisme vivant émet des impulsions électriques, Ola Pehrson a installé un dispositif d’électrodes générant des ordres d’achats et de ventes avec un logiciel qui interprète ces informations pour investir sur les marchés internationaux. Plus la plante gagne d’argent, plus elle reçoit de lumière et d’eau. À l’inverse, si elle en perd elle se retrouve sans eau et dans l’obscurité.

Ce qui est intéressant dans cette expérience, c’est que ce yucca est plus rentable que certains traders, et il n’a à ce jour généré que des bénéfices…

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Bot or not?


Pour célébrer les cinquante ans du premier chatbot, Eliza, une conférence performance intitulée BOT OR NOT? aura lieu ce jeudi 10 novembre, à 19 h au Goethe Institut à Paris.

tomy-chatbot

Il y a 50 ans, les humains parlaient pour la première fois avec un ordinateur en langage naturel. Eliza est l’ancêtre des « chatbots » contemporains et des assistants virtuels qui envahissent nos services de messagerie. À mesure que progresse l’intelligence artificielle et que le conversationnel s’automatise, il devient difficile de distinguer les robots des humains.

Dans le prolongement de la recherche sur les identités numériques entamée lors du projet Streaming Egos, la soirée « Bot or not » rassemble conférenciers algorithmiques et humains autour d’une table ronde, afin d’explorer cette hybridation en cours.

La conférence-performance emprunte l’un des plus anciens protocoles de chat, l’IRC (Internet Relay Chat). Une soirée sur l’éloquence des chatbots, l’intelligence artificielle et la puissance des algorithmes.

Avec Jeff Guess, Marie Lechner (qui interviendra sous forme de conférence à la HEAR en mars 2017), Nicolas Maigret, RYBN, Maria Roszkowska, Gwenola Wagon, Algolit, Fleury-Fontaine, Emmanuel Guez, Vincent Bonnefille, Eliza et d’autres intervenants en chair et en bot. 

Cette conférence est en lien avec le projet Haunted by Algorithms auquel participent les étudiants de 3e année Communication graphique.

https://www.goethe.de/ins/fr/fr/sta/par/ver.cfm?fuseaction=events.detail&event_id=20853400


Jeudi 10 novembre 2016, à partir de 19h00
Goethe-Institut Paris
17, avenue d’Iéna – 75116 Paris

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De la production assistée par ordinateur à la création réalisée par l’ordinateur


Cet article est une tentative de prédiction catastrophiste de ce que pourraient devenir nos métiers d’ici quelques années.

Les métiers du design graphique seront-ils à l’abri d’une certaine forme d’Uberisation ?

Je ne parle pas ici de ce qu’Uber est déjà : une société qui fait du crowd-working, et qui a réussi à faire baisser ses coûts d’exploitation au détriment d’une certaine protection sociale grâce à des algorithmes et une interface facilitant la mise en relation entre un passager et son chauffeur. Mais plutôt de ce qu’Uber va devenir à court ou moyen terme : une société utilisant une flotte de voitures autonomes dont les intelligences artificielles auront été considérablement améliorées par les millions de trajets effectués par des conducteurs humains. On peut raisonnablement estimer que les chauffeurs sont en train de couper la branche sur laquelle ils sont assis. Mais ainsi va le monde, et comme l’avait rappelé Jean-Noël Lafargue lors de son intervention du cycle de conférence «graphisme technè» : les métiers naissent et disparaissent.

Les spécialistes en intelligence artificielle savent depuis un moment que pour voir apparaître la première forme d’intelligence dite singulière, il faudra une quantité de données faramineuse. Pour le moment, seuls quelques grands groupes informatiques disposent d’un tel trésor de guerre et en particulier Google qui indexe le web depuis maintenant plusieurs années.

Depuis la révélation des techniques de deep learning, il y a moins de deux ans, la programmation liée à l’intelligence artificielle vit une révolution. Il est maintenant possible pour un programme d’apprendre de ses erreurs si on le nourrit d’exemples pertinents qui lui permettent de différencier un bon résultat d’un mauvais. On peut alors enseigner à un programme à détecter le contenu d’une image, à comprendre une signalisation routière, à faire de la traduction en se basant sur des dialogues de roman à l’eau de rose ou encore battre un champion de go de niveau mondial (ce jeu était réputé très difficile pour les programmes informatiques).

C’est ainsi que des artistes nouveaux médias ont produit des vidéos générées par des programmes inspirées par les styles picturaux de grands maitres occidentaux dont Picasso, Van Gogh (pour public averti, Kyle McDonald, par exemple, avec sa reprise d’un extrait du film érotique fantastique I.K.U traité selon la période cubiste de Picasso, notamment La jeune fille à la mandoline ), en utilisant l’algorithme Deepdream.

Une image réalisée via l’algorithme deepdream. On a ici demandé au programme de générer des têtes de chiens où il en détectait et on a répété l’action plusieurs fois de suite. L’image utilisée est une reproduction du tableau «Waterloo» de la série «Dogs Playing Poker» de Cassius Marcellus Coolidge.

Une vidéo présentant un extrait de «2001, l’Odyssée de l’espace» de Stanley Kubrick, réalisée par Bhautik Joshi avec un traitement imitant le style de Picasso.

Du côté du design graphique, on trouve de plus en plus de gabarits et de patterns prêts à l’emploi : des gabarits pour des sites Internet, des gabarits pour des animations ou titrages vidéo, des gabarits de cartes postales, des compositions typographiques ou encore, des projets comme Prototypo qui rendent les polices paramétriques accessibles à tout un chacun.

Il y a deux ans, une plateforme internet comme thegrid.io proposait de créer des sites complets avec quelques paramètres à l’aide d’algorithmes adossés à de l’intelligence artificielle. Les placements, cadrages, flux de textes sont alors optimisés automatiquement. En effet, un programme qui sait imiter le style de Van Gogh n’a aucun mal à décortiquer et générer un graphisme minimaliste basé sur un système de grille, qui repose au final sur quelques dizaines de paramètres (largeur et nombre de colonnes, réglages de césures et justification, marges internes et externes, corps de texte, etc.)

thegrid.io propose de réaliser des sites Internet de manière paramétrique et algorithmique en utilisant le contenu que vous téléchargez.

Par ailleurs, quand on est abonné à la suite Creative Cloud d’Adobe, on reçoit leurs newsletters, et une part croissante de ces e-mails ne concerne pas tant des questions de création graphique avec leurs outils, mais plutôt de gestion de campagnes marketing. On y traite de ROI, de stratégie cross canal, ou encore de parcours d’achat du client connecté mais surtout pas de création d’image ni de sens.

Les cibles ne sont plus les concepteurs visuels, mais des commerciaux et des responsables marketing. On peut ainsi deviner un glissement des activités d’Adobe vers une part de moins en moins négligeable de marketing pur.

Ces outils permettront d’automatiser au maximum les processus de création, comme c’est de plus en plus le cas dans les différents logiciels de la suite. Un nombre croissant d’options et de filtres avec des préréglages, de nombreux gabarits prêts à l’emploi pour réaliser des publications, des animations motion design, des habillages sonores sont en vente. Il suffit d’ouvrir le fichier que l’on a acheté, de manipuler quelques curseurs pour changer une couleur et le positionnement d’un titre et on obtient un rendu bien réalisé qui ressemble à des dizaines ou des centaines d’autres projets. Mais à l’heure de l’uniformisation des styles à travers la planète, qui s’en soucie ?

Pour les gens qui souhaiteraient encore un peu plus d’originalité, avec Behance, Adobe a en sa possession une base de contenus alimentée par une quantité gigantesque de projets de graphistes, illustrateurs, typographes, animateurs, étudiants à travers toute la planète. Ces projets sont décrits, tagués, commentés, augmentant ainsi la qualité et la quantité des métadonnées permettant de se livrer à une analyse initiale de ces données.

Cette base de contenus pourrait à terme être analysée, étudiée et disséquée par des algorithmes d’analyse d’images de type deep learning, et enfin permettre à des logiciels de proposer des compositions modifiables à travers l’utilisation de quelques curseurs.

Behance est un réseau social créé en 2006, ensuite acheté par Adobe, utilisé comme portfolio en ligne par de nombreux utilisateurs des logiciels de l’éditeur.

Quel salut face à un avenir qui pourrait s’avérer compliqué ? Ne pas rester candide et passif face aux outils que nous utilisons. Avoir une conscience fine des enjeux et problèmes posés par des groupes qui se retrouvent en situation de quasi monopole. Ne pas délaisser le code et une capacité à inventer ses propres outils. Et toujours aborder un outil pour son potentiel de détournement et d’usage allant à l’encontre de ce pour quoi il a été pensé. Les outils et leurs concepteurs ne devraient jamais formater les usages, mais encore faut-il avoir conscience qu’ils le font trop souvent.

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Atelier gravure sur bois avec les élèves du lycée Gutenberg


Dans le cadre du partenariat de la HEAR avec le lycée Gutenberg d’Illkirch, Odile Liger et Pascale Willem accueillent les lycéens de la section Artisanat et Métiers d’Art option Communication Visuelle Pluri Médias pour deux séances à l’atelier gravure.

Les élèves avaient à rédiger, pour leur cours de Français, un réquisitoire sur un thème de société qui leur tenait à cœur et créer des visuels pour illustrer leurs textes. Au cours de la journée d’atelier à la HEAR, chaque élève a finalisé son illustration, avec les conseils des professeures, pour l’adapter à la gravure sur bois. En fin de journée, nous avons réalisé deux grands formats rassemblant les illustrations de tous les élèves. Chacun a pu graver, encrer, et imprimer son visuel et découvrir ainsi une nouvelle pratique.

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Typo en mouvement – table ronde autour de l’exposition


Le 11 février dernier se tenait la table ronde organisée dans le cadre de l’exposition Typo en mouvement.

Générique de My Man Godfrey (1936)

Générique de My Man Godfrey (1936)

Antony Enkirche, directeur artistique et co-créateur de Typocamp, s’entretenait avec trois invités :

Bob Cerfontaine, directeur de création chez Monsieur Girafe, studio de création graphique et d’identité visuelle, à majorité en destination de la télévision ;

Laure Chapalain, designer graphique et dessinatrice, elle enseigne à l’école de l’image des Gobelins depuis 2007 dans la section « Graphisme et motion design » ;

Gwenolé Jaffredou, motion designer et directeur artistique indépendant à Rennes.

Antony Enkirche : À quel stade de maturité est arrivée aujourd’hui la typographie animée ?

Laure Chapalain : L’âge d’or de la typographie animée était dans le cinéma des années mille neuf cents soixante-dix. Jusque dans les années deux mille, il y a eu de très beaux génériques. Aujourd’hui, la typographie  n’est plus l’actrice principale du générique, sûrement parce que les réalisateurs préfèrent mettre en avant les belles images que sont capables de faire les caméras.

Bob Cerfontaine : À la télévision, on voit surtout des animations de textes mais pas de caractères (à part sur Fox Kids, ou le supplément de Canal +). On cherche à faire passer les informations avant tout.

Quelles sont les tendances en animation de caractères ?

L. C. : Dans les génériques au cinéma, la grande mode est à la typo en 3D, pour faire rentrer le spectateur dans l’écran. Par exemple, dans le générique de ZombieLand (2009), les comédiens interagissent avec la typo ; ou dans celui de Panic Room (2002), où la typographie est intégrée à l’architecture présente sur les plans. Moins récement,  la typographie vole dans le générique de Superman (1978) ; et en nettement moins récent : le générique de My Man Godfrey (1936).

B. C. : À la télévision, la 3D est abandonnée (à part dans les JT), et c’est tant mieux. On a plutôt un retour au flat design par l’image sur Photoshop. Il y a aussi un retour aux typos scripts.

L’animation d’une typographie donne un nouveau sens par rapport à la typo qui en donne déjà un ?

L. C. : Elle peut ajouter un message : on a l’exemple le plus probant avec  l’animation de Saul Bass pour le générique de Psychose (1960), où des bandes ceindent la typographie pour suggérer la schizophrénie du personnage principal du film. Par contre, quand l’animation fonctionne mal, elle peut contredire le message…

Les musiques jouent aussi un grand rôle dans la compréhension de l’animation.

Est-ce qu’on bricole encore aujourd’hui ou bien tout passe par l’ordinateur ?

L. C. : En 1995, le générique de Se7en est gratté sur la pellicule. En 2004, le générique de Dawn of the Dead est réalisé avec des giclures de faux sang au sèche-cheveux.

B. C. : À la télévision, on a par exemple le générique Les Aventuriers de l’art moderne (série sur Arte) en stop motion réalisée entièrement  à la main , sauf la typo et c’est bien dommage !

L. C. : David Carson expérimente l’animation de typographies sous plusieurs formes  dans son film  The End of Print (1995).

Qu’est-ce qui est de bon goût, qu’est ce qui est de mauvais goût ?

L. C. : Si ça sert le propos, c’est de bon goût.

B. C. : À la télévision par contre, les typographies sont  imposées peu importe le contenu de l’émission : pas forcément mauvais goût, mais absence de choix.

Où est le too much en animation de typographies ?

B. C. : C’est plutôt du too less en télévision.

L. C. : Au cinéma, le too much est dû aux modes : par exemple, on a eu pendant un an les cartes géographiques suite à Game of Thrones, etc.

Cette table ronde a abordé l’animation de typographie et de caractères en étant fidèle aux vidéos et installations montrées dans l’exposition Typo en mouvement. J’ai regretté cependant qu’une ouverture ne se fasse pas concernant les caractères asiatiques, arabes ou hébraïques. Ils doivent sûrement poser des questions d’animation plus larges.


Typo en mouvement
du 20/11/2015 au 05/03/2016
Le Lieu du design, Paris

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